3
Poèmes pour une chanteuse américaine (1995)
Comme un enfant lance un galet sur la rivière, poursuivi par la course de la mésange,
ton chant ce seront des galets, à rebondir sur l'eau.
Pierre de rivière, à rythmer ton isba.
Plumes de vie vert espoir à trouver ton destin,
vers ton jour de jeune poète cachetant la nuit et se refermant sur toi.
En posant son sceau, à allumer la nuit de
bateaux d'ivoire quelque chose naît en forme de musique
jouée par le flûtiste de pan.
Là, tout loin, où habite le palmier
qui infuse ta mélodie que tu dérobes au champ de coton,
près des sources du Mississipi, presque aïeul d'une lumière gospel.
Olivier Cantenys
Si tu fus retirée en cette hacienda aux géométries d'une toile de Matisse,
tu fus aussi souvent appelée en cette même hacienda, comme presque indevinable et incernable.
Et comme sortie du roc, mystère de ton
éternelle équinoxe, point le plus hexagonal de toi, de ta
marée veine de tes chants, elle devint sujet à fouiller la terre d'ébène.
A lever
l'or de la cour, autre fragment d'une toile de Matisse, à faire
décoller tes danses sous les verts des clairières, symbole de la couleur bleue de ta voix.
Tes clairières, ce sont et ce seront ces
étals de roses que tu nous suscites en gardant dans ta main
cette jeune rose pas encore éclose, comme le marbre blanc qui lui aussi garde le pollen du lys dans un coin de son repaire.
Olivier Cantenys
Toute reproduction est interdite
sauf autorisation écrite de
l'auteur.